12 juillet 2007

Turkmene follies

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Generalites et Ashgabad

Le Turkmenistan est un pays a part dans la galaxie des ex-republiques satellites de l'URSS. A l'epoque du demantelement, son president ne voulait pas sortir de l'URSS. Il a choisi l'independance "contraint et force". M. Niazov, avant cela, etait un vague nobodz (un nobody, un personne, un rien du tout quoi) quand il fut nomme secretaire general du PC Turkmene. Ensuite il s'est rendu compte que l'independance avait du bon, du fait de la richesse naturelle du pays : c'est une enorme reserve de gaz naturel, qui assure des rentrees de devises pour des dizaines d'annees. Il a donc decide de faire entrer son pays dans la modernite en construisant force buildings modernes dans sa capitale Ashgabad, tout en s'entourant d'un culte de la personnalite digne de Staline. Evidemment les opposants ont ete "purges", et tout le monde s'attendait a de gros changements lors du deces de Mister Niazov, qui n'etait pas attendu avant longtemps. Or ce brave homme a eu la bonne idee de mourir en Novembre dernier. Depuis, qu'est-ce qui a change ? Rien. Rien de rien. Rien du tout.
Les statues dorees (
assis, debout, en train de marcher la cape au vent...) succedent aux portraits geants a la frontiere, sur les batiments publics... Il y a meme une espece de tour en forme de fusee de Tintin qui trone au milieu d'un carrefour avec une statue (doree) de "Turkmenbachi" (le leader des Turkmenes) au dessus. Cette statue le represente avec les bras leves vers le ciel et tourne en permanence, de facon imperceptible, pour rester en permnanence en face du soleil (cf. photos ci-dessus). Du grand art, vraiment.

Dans la capitale les avenues sont tirees au cordeau, tout est bien lisse et propret. Ca ferait envie aux Turcs et aux Iraniens qui squattent la moindre parcelle d'espace vert pour piche-niquer. Ici les rues sont vides. Nous voulons passer devant la statue du Turkmenbachi assis : 3 gardes courent vers nous avec les bras croises devant la poitrine. Ils nous crient que c'est interdit de marcher sur ce trottoir. Il faut passer en face. Ces merdeux ont 17 ans a peine. Je pense qu'ils nous insultent copieusement et nous regardent avec une haine hargneuse (si si, c'est possible). Heureusement qu'on leur donne pas de flingue (une simple matraque). Un taximan nous dit qu'il y a un policier pour 4 personnes dans le pays. Ca fait rever hein ? L'ordre et la securite...
Sergio, un espagnol rencontre a l'auberge, revient un peu depite de son escapade en ville : il a ose prendre une photo ou l'on voyait un bout du palais presidentiel et s'est fait intercepte par la police. L'agent voulait lui mettre une amende, il s'est "contente" de lui effacer toutes ses photos turkmenes, une par une. Il retournera le lendemain sur place pour reprendre quelques cliches, c'est pas si grave mais quand meme burlesque. Et tellement inconcevable pour nous. Devant tous les monuments, des gardes sont la pour t'empecher de passer ou t'autoriser a prendre des photo. "Marchez la" - "Non, pas la"... C'est etrange comme atmosphere.

La quasi totalite des immeubles recents ont ete construits par Bouygues, on voit leurs panneaux sur les chantiers actuels. On se demande combien ils ont lache au President pour rafler tous ces marches.
Derriere les avenues et les parcs si propres, les petites rues sont parfois a peine asphaltees. Les poubelles doivent etre enlevees une fois par mois. Jolie facon de traiter les locaux.

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Dans le desert du Karakoum : Darvaza

Nous venons de passer 2 jours dans une ville completement hallucinante et maintenant nous decidons de prendre le route pour le village de Darvaza dans le desert de Karakoum. 600 Km en 2 jours nous attendent pour  traverser en largeur le Turkmenistan, mais nous ne savons pas encore dans quel genre de conditions....
Nous allons faire le trajet avec Sergio (espagnol rencontre a Ashgabad). Nous reussisssons a trouver un "marchrutka' (minibus datant de l'epoque sovietique) a un prix correct car en tant que touristes les chauffeurs de taxis, de minibus nous proposent en premier un prix qui est 4 fois plus cher que le prix du marche. Et apres nous passons 30 minutes a negocier un prix correct mais toujours plus eleve que celui des locaux. C'est la loi du marche, heureusement que nous
ne sommes pas Americains car je pense que se serait plus dur encore pour negocier.
A 14h nous partons (apres 3 heures d'attente que le minibus soit complet). Apres 2 passages de controle de passeport, nous voila enfin dans le desert. Nous attendions cela depuis quelques jours de traverser un desert, que du sable et de la petite vegetation a perte de vue. Nous croisons quelques baraques a the et un petit village sur le chemin sinon c'est la nature qui regne en maitre dans ce desert.
Au bout de 5h de trajet, le chauffeur s'arrete et nous depose a 100m de la route vers un bout de baraque et 2 yourtes et nous annonce que nous sommes arrives a Darvaza. C'est une grosse surprise pour nous qui nous attendions a arriver a un petit village (comme il etait ecrit dans le guide).
Moi qui pensait dormir dans un bon lit et bien c'est a meme le sol et dans une yourte que je passerai la nuit.
Autant vous dire que les sanitaires n'etaient pas des plus modernes : pas de douche mais un lavabo que l'on remplit avec de l'eau du puit et les WC un trou entre 4 taules au milieu du desert pour ceux qui connaissent les WC exterieurs de Bresalet, ceux-ci etaient 10 fois pire.
Le soir venu nous sommes alles voir LE cratere de gaz de Darvaza (qui etait la raison de notre arret).
C'est assez impressionnant ce trou plein de feu. Nous ne nous approchons pas a moins de 4 metres du trou. Ce trou artificiel creuse dans les annees 50 par les sovietiques pour l'exploitation du gaz a ete enflamme.
Le lendemain, c'est armes de patience que nous avons attendu qu'un minibus faisant le trajet Achkhabad - Konye Ourgentch s'arrete. Nous avons attendu quelques heures, peu de bus passaient dans notre sens, et ceux qui passaient etaient complets. Nous avons fini par trouver un minibus pour nous emmener mais celui ci en tractait un autre (qui etait en panne). Nous avons mis le double de temps pour rejoindre Konye-Ourgentch (7heures) sur une route pleine de nids de poule. Experience assez difficile pour moi.

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Konye Ourgentch

Konye Ourgentch est une ville historiquement rattachee aux peuples occupant l'Ouzbekistan. Staline et ses potes bolcheviques ayant decide d'un partage des frontieres novateurs, la ville s'est retrouvee incluse dans l'actuel Turkmenistan, tout en etant separe de la capitale par le desert du Karakoum, ce qui ne favorise pas la communication ni les echanges. C'est une sorte de ville oubliee et delaissee, avec de beaux mausolees. Mais les rues sont en pitoyable etat. Rien a voir avec Ashgabad !

Pour nous ce fut une etape "a la campagne" puisque nous avons loge dans une ferme. Une immense ferme. Avec douche formee par 4 planches de metal et un bidon d'eau, et un trou sans porte en guise de toilettes. Tellement exotique ! Avec une touche de Bresalet.

A cote d'un groupe de mausolees et d'une ancienne mosquee, des femmes se livrent a un rituel sympathique : elles s'allongent en haut d'une petite colline, les bras en croix sur la poitrine. Ensuite elles se jettent en roulant dans la pente pendant qu'un type qui n'a rien d'un imam recite des incantations. Elle roule et boule jusqu'en bas de la pente, se recueille et remonte a pied. Ca ameliore le taux de fecondite, parait-il. Je propose d'instaurer le meme rituel en haut du Mole. Mesdames, Mesdemoiselles, des candidates ?

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Voila pour le Turkmenistan. Pays etrange. Est-ce que ca va bouger un jour ici ??

Aneva et Mati

Posté par Aneva_Mati à 09:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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