24 septembre 2007
Urum.... quoi ? URUMQUI
Au final le trajet Kasghar-Urumqui nous a pris 24h, deux heures de plus que prevu mais c'etait plutot agreable. Ca nous changeait des trajets en bus. Nous etions dans un compartiment a 4 couchettes un peu etroit mais avec tout le necessaire (oreiller, couverture, de l'eau chaude pour se faire du the). Dans les compartiments c'est assez anime, ca joue aux cartes, ca discute et puis ca dort malgre le bruit. Ils sont vraiment bruyants ces chinois, meme si tu dors ca ne les derange pas de parler, de manger, de cracher juste a cote de toi, c'est une culture differente de la notre.
Nous avions ete deja bien depayses en arrivant a Kasghar et l'arrivee a Urumqui fut un grand choc. Urumqui est la capitale de la region du Xinjiang, environ 1.5 millions d'habitants avec des immenses immeubles, plein de magasins, des restos de cuisines differentes. Dans la rue de notre hotel, nous avons trouve un resto bresilien, anime par des vrais bresiliens par contre je parierais pas sur la qualite musicale, il m'a semble (j'utilise le verbe sembler car je n'ai vraiment pas l'oreille musicale) que ce n'etait pas toujours en rythme. La cuisine n'etait pas excellente, il faut imaginer de la cuisine bresilienne a la facon chinoise c'est a dire des plats trop epices, de la viande trop cuite mais nous avons quand meme passe une bonne soiree. C'etait un peu un retour en arriere, nostalgie des soirees de Forro.
D'Urumqui, nous sommes alles a la journee dans la petite ville de Turfan. Elle est depuis des siècles le centre d'une oasis fertile (production de raisins, entre autres) et une importante cité commerciale de la Route de la Soie. Nous avons ete voir les ruines de la cite de Jiaohe. Le site est interessant mais on se croirait dans un parc d'attractions, il y a plein de cars de groupes de touristes, mais des touristes chinois.
Apres quelques jours de ville, de trop de touristes nous avons decide de faire une journee nature dans les montagnes et d'aller voir le lac Celeste. Et la surprise, nous nous retrouvons sur un parking avec plus de 250 cars, comme a Eurodisney. Nous voila coinces toute la journee sur un site magnifique mais avec plus de 6 000 personnes, il faut qu'on trouve le moyen de sortir des sentiers battus sinon la journee va etre un enfer. On choisit d'empreinter le chemin et non le telesiege pour acceder au lac, c'est quand meme un peu galere car il y a quand meme du monde. On decide de partir marcher sur les bords, on finit par trouver un peu de tranquilite mais arrives au palais de la reine mere, qui etait le but de notre ballade, un homme nous annonce qu'il faut payer l'entree, 1 euro ce n'est rien du tout mais quand on a deja payer 10 euros pour entrer sur le site ca fait beaucoup. L'Etat s'en met vraiment plein les poches. Sur ce, bien ecoeures par l'Etat chinois nous entreprenons la descente. Au bout, de 15 minutes, je fais un vol plane et me retrouve sur le ventre au sol a essayer de comprendre ce qui m'est arrivee. En fait, deux planches neuves de bois d'une marche n'avaient pas ete fixees et Mati qui descendait au meme rythme que moi a mis le pied sur l'extremite de la planche ce qui m'a fait basculer. Rien de grave sauf des gros bleus un un pantalon dechire. Nous finissons notre journee a la direction du parc pour qu'ils prennent note qu'il y avait des lieux dangereux sur le site et donc les 10 euros d'entree n'etaient pas justifies. Et c'est en chaise roulante qu'on m'a ramene au bus, une facon pour eux d'avoir bonne conscience.
Le lendemain matin, nous disions au revoir a cette belle region du Xinjiang pour nous envoler vers Beijing ou nous allons rejoindre un ami de lycee de Mati.
Aneva
16 septembre 2007
Sortir des "Stan"
Ca y est, le moment est venu de quitter les pays aux noms impossibles qui finissent par "stan". Adieu chevaux, montagnes, langue russe, plov... Ca faisait plus de 2 mois, mine de rien. Mais welcome China !
Pour sortir du Khirgistan nous choisissons de traverser la frontiere au col de Torugart. C'est une frontiere un peu speciale, c'est un passage classe "seconde categorie" donc peu accessible aux touristes. On arrange quand meme une voiture avec 2 belges, histoire d'eviter une redescente longue et cahoteuse vers le sud.
Premiere partie, le Khirgistan, pas de probleme on passe les formalites administratives et on arrive en haut du col a 12h. La frontiere est a 3700m. Mais nous sommes bloques car nous devons attendre le vehicule chinois, qui nous emmenera jusqu'a Kashgar. Au bout de 2h, un militaire chinois nous tend un telephone portable a travers le grillage : c'est notre intermediaire chinois, qui nous annonce qu'a la suite d'un malentendu notre voiture vient seulement de partir de Kashgar et qu'elle sera la dans... 3h ! Torugart ne se laisse pas facilement avoir, il tient a sa reputation.
On se met a jouer au baccalaureat, ou je me fais retamer par les Belges et Aneva, pour patienter. Notre chauffeur Khirgize, qui doit patienter avec nous, commence a flipper de la fermeture de la frontiere Khirgize, 5 kms plus bas, et il veut nous ramener en arriere, alors qu'officiellement nous sommes en dehors du pays...
On trime pour lui faire comprendre qu'il faut juste patienter. On le convainc de nous laisser, lui doit repartir sous peine d'amende. On continue de prendre le soleil et notre voiture se pointe enfin. Malgre l'heure tardive et la douane chinoise fermee, notre chauffeur nous assure qu'il sait "comment s'y prendre" et de fait les portes de la douane s'ouvriront specialement pour nous ! Magie des petits billets... On fait un detour par le duty free et on craque sur une bouteille de rouge, un petit plaisir qui nous manquait.
A Kashgar on hallucine sur tout. C'est une ville, c'est beaucoup plus grand que notre imagination ne nous le laissait penser. On pensait a un carrefour de la route de la soie, on tombe dans une metropole avec des immeubles dedans (le choc), des autoroutes... Et des bagnoles partout, des motos, des camions, des pietons, une carriole, un ane, un unijambiste... Un beau bordel. On mange chinois et c'est un regal de diversite apres les "stan countries". Il y a plein de scooters mais on ne les entend pas arriver : ils sont electriques ; tous. On fait un tour dans les parcs, dans le quartier Ouighour et autour d'une enorme statue de Mao. Ideologiquement elles remplaceront les statues de Lenine qu'on trouvait un peu partout dans les futurs-ex-satellites russes. La ville est recouverte d'un espece de smog apparemment du a la pollution, du coup on ne voit pas le ciel bleu et on se traine dans une ambiance laiteuse. Pas tres agreable.
Cote facies le changement attendu n'a pas lieu. Ici, c'est pas encore la Chine, c'est le pays Ouighour, un peuple d'origine turque, les seuls musulmans de Chine. L'histoire dit que les Hans colonisent lentement mais surement la region. En tout cas les quartiers Ouighours et Chinois sont bien separes. Et ils crachent tous en se raclant bien la gorge avant, on nous avait prevenu mais c'est a chaque fois un plaisir renouvele pour les oreilles. Il faut aussi rajouter tous les Pakistanais qui sillonent la ville.
Apres 2 jours d'acclimatation nous quittons la ville pour voir le Muztagh Ata (7550m) et un petit lac, le Karakul. C'est le petit frere du grand Karakol vu au Tadjikistan. C'est en fait un retour dans la region des Pamirs, la haute montagne et une nuit a 3600m. Le long de la route nous voyons plein de yourtes... En beton, c'est la facon chinoise de proteger les minorites et leur habitat traditionnel. Elles sont tristes a voir, j'imagine pas ce que ca doit representer pour un nomade de s'installer dans ce truc. Le Muztagh Ata est une masse imposante mais tres abordable, de la route on a l'impression qu'on pourrait atteindre le sommet en 4-5 heures alors qu'il faut compter 2 semaines minimum pour l'ascension. Le petit Karakul est un mirroir turquoise des qu'on monte 10m au-dessus du niveau des eaux. Nous faisons la route avec Pascale et Walter, les 2 belges avec qui nous avions traverse la frontiere chinoise. Nous poussons cette fois jusqu'a la frontiere pakistanaise en compagnie de touristes chinois. Pour eux c'est une super attraction de monter jusqu'au dernier poste de frontiere, a 4800m, et de serrer la main du garde frontiere pakistanais, qui est aimable avec tout le monde et se fait litteralement mitrailler de photo. Voila le tourisme a la chinoise : photo, photo, photo. Nous n'avons pas du tout la sensation d'etre aussi haut en altitude, la route monte plutot doucement.
Enfin nous remettons le cap sur Kashgar pour assister au marche du dimanche, LE marche d'Asie Centrale, celui dont les guides nous rebattent les oreilles. Forcement on est un peu decus : effectivement c'est grand, c'est un beau bordel plein de monde, on trouve de tout (de la quincaillerie, du tissu, des chiots, des gros quartiers de viande...), mais l'alimentaire n'est pas tres grand et on trouve pas mal de boutiques a touristes. On ne peut pas dire qu'il restera grave dans nos memoires. On achete quand meme un tapis Khirgize. En Chine. Logique.
Et puis on file aussi au marche a bestiaux et la c'est nettement plus drole. Les moutons sont alignes derriere le quartier des bovins, dans un grand terrain vague, avec les anes et les chevaux au fond. Les vendeurs font des demonstrations des qualites de leur bete en les faisant galoper un peu plus loin. En voila du typique !
Demain lundi nous prenons le train pour Urumqui, ca prend exactement 22h, normalement. Aie aie aie... La suite au prochain episode...
Mati












