les péripéties d'Aneva & Mati

Toujours en route, bon pied bon oeil, l'errance n'est pas encore finie...

22 août 2007

Murgab et alentours

Nous arrivons en fin d'apres midi dans cette petite ville a 3700 m d'altitude. La vallee qui nous amene a Murgab est tres verdoyante avec des montagnes pelees et enneigees qui bordent les alentours, c'est assez joli. Par contre la petite ville n'a pas de charme.

A peine arrives, nous sommes deja a l'affut d'informations pour faire un trek de quelques jours aux alentours de Murgab. On pourrait imaginer que dans un pays ou il y a 47% de montagnes il est  facile de faire des treks seul et bien non. Il n'y a aucune randonnee de tracees, la seul carte disponible de la region des Parmirs est a l'echelle 1/500 000 et donc pas tres precise (mais nous l'avons) et de surcroit nous n'avons pas de bruleur pour faire a manger (mais c'est de notre faute car ca fait 8 mois qu'on se dit que ca nous serait utile et quand on en avait l'occasion en Argentine nous n'en avons pas achete). On a bien achete une casserole a Duchanbe en se disant que nous pourrions toujours faire du feu comme dans les montagnes Fan mais nous n'avions pas imagine que les montagnes Pamirs etaient differentes, plus hautes et qu'il n'y avait pas de bois mort. Les gens utilisent les bouses sechees de Yaks et de vaches ainsi qu'une plante appelee Teresken (qui est en voie de disparition) pour se chauffer et cuisiner.

Nous avons quand meme reussi a trouver un petit trek de 2 jours dans la vallee de Psart a l'ouest de Murgab. Je dis un petit trek car ce n'etait que 2 jours mais nous avons quand meme gravi un col a 4731 metres. Ce n'etait pas evident pour le souffle mais j'y suis arrivee... Le soir nous avons dormi dans une yourte a cote d'une source chaude, bien agreable apres 7h de marche.

Le lendemain, nous avons fait une randonnee dans la vallee. Les seuls etres vivants rencontres etaient 4 hommes et 2 anes qui allaient a Murghab. Ils en avaient pour plus de 8h pour atteindre la ville.

Satisfaits de ce ces 2 jours dans les montagnes et de la nuit sous la yourte, nous avons repris la route vers le nord, direction le lac Kara-Kul. Au bazar de Murghab, nous trouvons assez facilement une jeep russe que nous partageons avec un couple et un enfant qui vont justement jusqu'a Karakul. Apres negociation du prix, le chauffeur nous fait comprendre qu'avant de charger nos sacs il doit mettre du carburant et donc qu'il s'absente quelques minutes. Nous l'attendons plus d'une heure et pendant tout ce temps nous nous posons plein de questions car nous trouvons que c'est un peu long. Au bout d'une heure, la voiture reapparait mais cette fois chargee a bloc de tapis , couvertures, tele, dvd, et 2 velos et la on se demande ou nous allons pouvoir mettre nos bagages. Ils finiront sur le toit et moi je passerais les 2h de trajet a repousser les couvertures situees dans le coffre de la jeep  qui me  tombent dessus a chaque secousse et il y en a pas mal sur sur ce troncon.

Heureusement, la route qui mene au lac est vraiment magnifique. Nous passons un col (d'Ak-Baita) a 4655 m et voyons au loin le fameux pic Lenine qui culmine a 7134 m. Le lac Kara-Kul aurait ete creuse par un meteorite il y a environ 10 millions d'annees. Situe a 3914 m ce lac est gele jusqu'a la fin mai malgre que ses eaux soient salees.

A Karakol, nous sommes accueillis dans un homestay tres sympa avec de la bonne nourriture.

1_Karakol 2_Karakol 3_Karakol 4_Karakol

En choisissant de nous arreter a Karakul nous nous rajoutions une difficulte supplementaire en ce qui concerne les transport, a savoir qu'il y a tres peu de vehicules qui empruntent cette route et que les vehicules qui passent pour aller a Och (au Kirghizstan) sont pour la plupart pleins. Mais je tenais absolument a faire cet arret et donc nous avons pris le risque d'etre coinces plusieurs jours a Karakul. Des le lendemain, Mati etait a son poste au bord de la route pres a arreter n'importe quel type de vehicule pour nous emmener a Osch. Apres 2 heures d'attente, il finit par trouver un camion citerne, oui vous avez bien lu UN CAMION CITERNE. Le chauffeur, peu causant accepte de nous emmener jusqu'a Sary Tach et meme jusqu'a Och si on veut car il s'y rend pour remplir sa citerne de gasoil qu'il va revendre ensuite a Khorog (au Tadjikistan) c'est a dire a 727 km. Au cours du trajet (car il n'est pas tres causant), nous comprenons que le chauffeur a pris la route a minuit de Khorog et qu'il a l'intention de rouler 20 h d'affilee. C'est completement fou, mais bon il faut croire que ca vaut le coup financierement. Je vais peut etre me repeter, mais les paysages tout au long de la route sont vraiment beaux.

7_camion 5_route 6_route 8_trajet_avec_yourtes

Le passage de frontiere se passe sans encombre, jusqu'a ce qu'un des officiers de la douane decide de monter avec nous pour faire la route jusqu'a Osh. C'est pas qu'on aime pas les douaniers (nonnnnnnnnnnnnnn) mais la cabine est super etroite, ca voudrait dire faire 8h de route avec un lourdaud qui m'ecrase d'un cote et le levier de vitesse contre ma cuisse gauche. La, c'est le drame : j'explose comme une furieuse et peste contre le bonhomme. Le chauffeur ne dit rien de peur de s'attirer des ennuis. Le douanier nous dit que si on n'est pas content, on peut toujours attendre la prochaine voiture... Et la c'est trop, je me mets a l'insulter en lui hurlant 4 fois de suite que c'est un encule, un gros encule meme. Il ne comprend pas mais il capte que c'est pas des fleurs que je lui lance, donc il s'enerve aussi ; apres 1 km on rattrape LA voiture de la matinee, ou il reste une place. Il grimpe dedans et ca se finit bien pour nous.

On rencontre aussi a la frontiere le couple d'anglais (Maggy et Chris) en tandem que nous avons connu dans le sud des Pamirs. Des les premiers kilometres au Kirghizstan, le paysage change, c'est beaucoup plus vert et il y a plein de troupeaux de chevaux (petites pensees a ma soeur qui adore les chevaux).

Arrives a Sary Tach (apres 4h de trajet), nous acceptons sans hesiter de continuer le trajet jusqu'a Och avec le camion citerne car durant ces 4h aucun vehicules ne nous a double et donc on se dit que c'est l'unique chance de pouvoir arriver a Och. Le trajet se poursuit encore 7h avec toujours aussi peu de communication avec le chauffeur, je crois qu'il a fait plus de crachats que dit de mots en russe sur ce trajet (crachats precedes d'un bon raclement de gorge).

A 21h enfin, nous arrivons dans la ville d'Och, deuxieme plus grande ville du Kirghizstan.

Aneva

Posté par Aneva_Mati à 16:31 - 08 Tadjikistan - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


14 août 2007

Ca vient

Salut la compagnie. Apres 2 semaines off dans les montagnes tadjikes nous sommes de retour aux affaires. J'ecris ce message depuis Osh, au Khirgistan (Francky : il est 19h57). Une ville, des filles en jupes, internet, du coca-cola pur jus, des toilettes interieures... Serions-nous de retour vers la civilisation ? Petit flash back et retour a Duchanbe, ou nous nous debattions dans les affres de l'administration tadjike.

Duchanbe suite et fin

Nous devions obtenir notre permis pour acceder a la region du Badakchan tadjik, via une agence. Le benet qui s'occupait de notre affaire a fait une erreur de dates en obtenant le permis, et ne nous laissait que 8 jours pour traverser le pays, alors qu'on avait prevu 15 jours. Du coup je suis retourne voir l'administration qui s'occupe de ces permis, et j'ai vecu un nouveau gag pendant 3h a me faire balader de bureau en bureau, juste pour changer une date. Finalement j'ai aterri devant la bonne personne qui m'a litteralement ri au nez, en m'envoyant a l'autre bout de la ville. Je lui ai donc dit tout le bien que je pensais d'elle en francais, les mots en russe me manquant.

Sur cette note bien sympathique nous avons leve le camp, apres avoir passe une semaine dans la capitale. J'en ai quand meme profite pour renouer avec le basket le temps d'un petit playground avec des moujiks tadjiks. Apres 8 mois sans basket les poumons sont un peu courts, malgre les trottes en montagne.

Khorog : les Pamirs, enfin

Gros morceau de route entre Duchanbe et Khorog. Un morceau de 17h avec un col sympa au milieu. Lors de la descente on apercoit en contre-bas une Lada Niva ecrasee au fond d'un raidillon et une jeep russe bloquee dans un torrent. L'etat des routes est moyen et les chauffeurs conduisent souvent 20h d'affilee. Un petit coup trop a gauche et c'est fini. De notre cote pas de probleme sauf que nous sommes coinces dans le coffre d'un gros 4x4, sur une rangee de sieges rajoutee. On croyait avoir achete du confort et de la rapidite, pour une fois, mais non : on a les genoux qui touchent le siege de devant et les dernieres heures seront bien longues. On longe la frontiere afghane pendant 200 bon km. Ca fait bizarre. De notre cote, une route (merdique, mais une route, avec des voitures dessus). Du leur, un chemin pour les bourricots. On voit quelques villages, les gens qui s'afferent aux travaux des champs. Par exemple faire tourner un boeuf sur du ble pour extraire le grain. Bienvenue au 21eme siecle. On arrive a minuit a Khorog, apres 17h de trajet. Le chauffeur, en bon taxi, nous reclame 10 somoni (2 dollars, alors qu'on a deja paye 200 somoni par tete) pour faire 2 kms de plus vers notre hebergement, alors qu'il va y dormir lui-meme ! On lui explique sauvagement notre facon de penser mais les tractations seront longues avant qu'il ne lache l'affaire ! Victoire, au lit, enfin.

1_route_khorog

Nous sommes au coeur des Pamirs, une region montagneuse situee entre le Centre et l'Ouest tadjik, a 3000m. Une riviere coule dans Khorog, avec des passerelles pour passer d'une rive a l'autre. Les gamins et les jeunes se baignent a 17 degres et plongent depuis une passerelle, pour sortir 500m plus bas. Sans hydrospeed bien sur. C'est un peu comme si on sautait dans l'Arve a Chamonix pour en ressortir aux Houches (en moins loin, OK). La ville est coincee dans les montagnes. On se remet gentimment du trajet, en squattant les terrasses en bois de la pension.

Et puis on retourne voir nos potes de l'Ovir, cette sorte de gendarmerie chargee d'enregistrer les etrangers dans toutes les villes ou ils passent, specialement au Badakchan car la region est autonome et consideree comme une paria par Duchanbe. Surprise, l'enregistrement pour lequel nous avions paye a Pendjikent n'est pas valable : il nous manque un recu. Evidemment, c'est de notre faute ! On nous fait comprendre que la corruption a fait 2 nouvelles victimes et que nous devons repasser a la caisse : 26 dollars par tete. Rage, cris, larmes. Quelques insultes quand on se fait traiter de menteurs par un petit moustachu teigneux. C'est incroyable de voir a quel point les reglements locaux sont inapplicables. Apres 3h de conversation tendue, on decide de payer et d'etre en regle, donc tranquilles pour sortir du pays sans encombre ; on a entendu des histoires sur des gens qui ont du payer des amendes de 350 dollars. C'est la force de la dissuasion. Au final, ce trop plein d'administration nous pompe l'air et nous fait perdre du temps pour rien. Nous aurons passe 14h dans 5 bureaux differents de l'OVIR, en 3 semaines. Et on se demande encore pourquoi.

On partage nos malheurs avec un couple hispano-italien : Eleonora et Roberto sont de joyeux cinquentenaires qui partent tous les etes pendant 2 mois. Ils cherchent des compagnons de route pour relier Mourghab, a l'Ouest, via la vallee du Wakhan, a la frontiere afghane. Banco, qu'on dit ! Et nous vla partis. Direction bazar pour trouver un chauffeur, regle en 30 minutes. Bonheur. C'est reparti pour 5 jours jusqu'a Mourghab.

Jour 1 : Mourghab -> Ishkasim

Nous faisons plus ample connaissance avec Payraf, notre chauffeur, et sa Kia 4x4. C'est un bon drille mais chauffeur c'est juste un hobby pour lui. En fait il est guitariste et compositeur, et travaille pour l'organisation d'un festival de musique folklorique. La c'est une periode de creux donc il promene des touristes et en profite pour voir du pays. Son festival est place sous l'egide de la fondation Aga Khan. Ce dernier est la plus haute autorite religieuse du pays, et il habite en Suisse ! Les pamiris sont en majorite Ismaelistes (une branche minoritaire du chiisme) et venerent Ismael Somoni, leur principal Imam. A tel point qu'ils mettent son portrait meme sur les bouteilles de vodka ! (mais que les bonnes, attention, c'est Roberto qui le dit). Nous longeons la riviere Panj jusqu'a Ishkasim, de l'autre cote c'est de nouveau l'Afghanistan. Route plaisante, riviere pleine de remous. Les montagnes de l'Hindu Kush sont a portee de lance pierre. Le Pakistan n'est qu'a 25 kms. La Kia fait quelques caprices avec son radiateur mais on s'en sort sans probleme.

2_Wakhan 3_tas_de_bouse_wakhan 4_baigneuses

Jour 2 : Ishkasim -> Langar

Le Wakhan est partage entre le Tadjikistan et l'Afghanistan. A hauteur d'Ishkasim se tient sur une ile de la riviere Panj le bazar hebdomadaire tadjiko-afghan. Tu laisses ton passeport a l'entree du pont et tu peux penetrer dans un mix sympathique : de loin on voit les afghans debarquer en tenue traditionnelle, comme a la tele, et les tadjiks sont un peu plus modernes. En tout cas tout le monde nous devisage et se demande ce qu'un blanc-bec en short (moi) peut bien foutre dans ce bazar. Le premier gars qui me parle me lance un "Hi man, wassup?" inattendu. Bronx / Afghan connexion. Un truc comme ca. Un tadjik se ballade avec un t-shirt "Hooked on Jesus" (litteralement "accroche a Jesus") qui montre bien que personne ne capte l'anglais, sinon il aurait surement eu quelques soucis. Un residu de l'aide internationale, certainement. Apres un petit tour on retourne voir Payraf et la Kia, et c'est reparti.

5_marche 6_marche

Il y a des forts depuis des centaines d'annees sur cette branche de la route de la soie. Dans l'un d'eux, on photographie des militaires qui prennent la pose jusqu'a l'arrivee du chef du bataillon, pas bien content du bordel. Il finira par se faire prendre en photo aussi. C'est important, les souvenirs.

On visite un petit musee campagnard, en russe, sans rien comprendre. La route est pas mal, on s'arrete de temps en temps voir les gamins qui se baignent, les femmes qui lavent les tapis sur la route, les femmes qui gardent le betail, les femmes qui font les foins avec des faucilles. Pas de faux. Elles progressent a 4 pattes. Pas de tracteurs evidemment. On cherche les hommes mais de toute evidence ils ont mieux a faire. On poursuit la route jusqu'a Vanj, nouveau musee. Le type qui nous fait la visite veut absolument nous garder chez lui, alors qu'on veut dormir 20 kms plus loin. Il nous fait le coup des Japonais : "il y a une heure, 15 japs se sont arretes, donc il n'y a plus de lit a Langar ! Restez chez nous, en plus c'est pas cher". Evidemment il n'arrete pas les routard confirmes que nous sommes.

Nous prenons le the chez des gens dans une maison pamiri traditionnelle, qui nous recommandent d'aller dormir dans une pension pres des sources d'eau chaude de bibi fatima. Pas de probleme, en plus il y a un fort a cote. Payraf pousse dans ce sens car il s'est fait copain avec un des fils de la maison, un militaire qui garde un poste frontiere avec l'Afghanistan et qui nous accompagne. Un contact qui lui permettra de faire passer sa bagnole sans encombre de l'autre cote de la frontiere, pour la revendre un peu plus cher l'an prochain. C'est le debut du business. Malheureusement les portes des sources (et d'un brain providentiel) nous sont fermees par la tenanciere qui a deja un groupe de tadjiks, et de toute evidence le melange ne lui plait pas. Nous remettons donc le cap sur Langar ; nous ne dormirons pas chez le nouveau pote de Payraf, ce qui a le don de le mettre en rogne. Mais il roule quand meme. Arrives a Langar, la seule pension est fermee suite a un raid de Japonais ! Non, le proprio s'est fait la malle a Duchanbe, il ne nous reste que nos yeux pour pleurer (il fait nuit et un peu froid) et Payraf sourit betement. Nous frappons a la premiere porte, une femme ouvre et se precipite pour chercher son oncle, qui nous montre la maison et nous accueille pour la nuit. Le repas est pret en 20 minutes, ils n'ont pas l'air embetes par notre debarquement inattendu et tardif. Payraf se sent bien, il raconte ses annees d'armee a la frontiere Mongole ou il etait... Chauffeur. Rien ne se perd, rien ne s'oublie.

7_famille_Langar

Jour 3 : Langar -> Bulunkul

Des le matin Payraf est dans la peau du business man : il achete une tenture brodee a la main, qu'il revendra a Duchanbe. Il est de belle humeur. Nous quittons la vallee du Wakhan pour rejoindre "l'autoroute", c'est-a-dire une route goudronnee. Entre les 2, une longue etape et le col de Khargush a 4200m. La gueule de Payraf s'allonge avec les kilometres, il n'avait pas prevu un tel chemin pour sa Kia. Il a tres peur pour le radiateur et veut retourner en arriere car il a oublie de prendre une reserve d'eau. En grands negociateurs on le convainc de faire 5 kms de plus et au bout de 200m on apercoit un ruisseau bien clair. Sauves.

On longe toujours l'Afghanistan, cette fois sans croiser personne. Quelques chameaux sauvages. C'est tout. Jusqu'a un poste de controle, que nous traverserons a pied.

8_poste

Ensuite ascension vers le col. En haut nous rencontrons 2 neerlandais a velo qui nous font sentir tout petits et un brin minables dans notre 4x4. On continue avec les marmottes siffleuses. Arrives a Bulunkul nous mettons le cap vers des sources d'eau chaude. Petit probleme : il faut traverser une riviere, personne ne s'y risque et on se rabat vers une yourte perdue ou l'on nous invite a deguster du fromage de Yak, de la creme de Yak, du beurre de Yak... Un vrai bonheur simple. Payraf trouve la fille de la yourte (Salambibi) tellement belle qu'il lui propose de s'occuper de sa future carriere de mannequin. De longs palabres la convainquent de laisser son adresse. 3eme yourte a gauche au fond de la plaine d'Alichur. Easy Payraf (lui 40 ans, elle 19 ans). On retourne au village pas propres mais heureux, on dine dans la famille qui nous accueille et on assiste a un pestacle d'etoiles filantes, on est bien.

9_Yak 1_1_yourte

Jour 4 : Bulunkul -> Bach Gumbaz

1_2_lac_yassil_kul

Cette fois les filles ont vraiment besoin d'un bain, donc on visite d'autres sources d'eau chaude, surplombant le lac Yassik Kul. Concretement ca se passe dans une cabane en pierre munie d'une baignoire avec vue sur le lac. Un reve. Meme pas de riviere a traverser. Il fait pur beau. Apres le bain tout le monde squatte dans l'herbe un moment, puis on decide de se remettre en route, au grand dam de Payraf, qui se voyait bien passer toute la journee allonge dans l'herbe. On tient bon, on se casse. On manque d'essence, on file donc vers Alichur ou Payraf joue au con, litteralement, en nous demandant tous les 20m quelle est la bonne direction alors qu'on parle pas un mot de la langue locale et qu'il n'y a aucun panneau dans le bled. Bref, Payraf fait sa crise. On arrive quand meme a trouver de l'essence, une vieille dame nous offre le pain qu'elle vient de cuire. Sympa ces gens. Je rentre dans une maison pour demander le chemin d'une maison de the, je trouve 3 "barbes blanches" qui se preparent a manger. L'un d'eux m'accompagne jusque sur le pas de la porte et en me voyant m'eloigner il m'interpelle, surpris : "Hey ! Tu me prends meme pas en photo ???!" (Ben si, la preuve par l'image ; il est mystique, ce vieux...)

Vieux

On mange un bout et on file vers Bach Gumbaz, ou nous visitons une jolie tombe, surplombant la plaine d'Alichur. On aurait aime monter vers les alpages pour trekker en altitude le lendemain mais Payraf et la Kia s'y opposent. "Chemin trop merdique" decrete-t-il. Comme on n'est pas surs de la destination, on abandonne le morceau pour une fois.

1_3_tombe

On toque a une yourte et comme l'avant-veille on peut rester dormir sans probleme. Premiere vraie nuit sous la yourte, avec le poele et tout. Rustique et sympa comme tout, avec toute la famille (3 generations). Papy paye sa vodka, enfin c'est son fiston qui lui a ramene : il est officier en douane, c'est de la vodka khirgize saisie. Pratique. Les gens nous expliquent qu'en hiver ils retournent dans les villages alentour et supportent des -60 en sensation thermique, avec un vent de fou en permanence. Faut vraiment etre ne la pour aimer ca.

Jour 5 : Bach Gumbaz -> Mourghab

De 6h30 a 8h mamy fait cuire le pain dans un enorme wok retourne qu'elle pose au-dessus du peole. On est reveille par une odeur sympa. Petit dejeuner et depart pour une rando avec Roberto. On est deja a 3600m. Eleonora reste au coin du feu. Payraf fait encore la tete car il pensait aller vite fait a Mourghab et rentrer a Khorog dans la foulee. Je crois qu'il en a marre de nous.
La randonnee commence par la traversee de la plaine d'Alichur et c'est pas facile. 4 km en une heure, en fait c'est un marais et on finit avec les pieds trempes. Cerise sur le gateau, il faut vraiment traverser la riviere. Aneva se lance la premiere (si elle passe, on passe !) ; courageux mais pas temeraires les gaziers. On trouve un gue ou l'eau monte jusqu'aux cuisses. Bien fraiche, mais c'est le debut de la rando, no problemo ! On grimpe pendant 3 bonnes heures mais sans arriver au sommet qu'on visait : on finit dans un pierrier et les sentiers n'existent pas, il reste probablement 1h30 de montee donc on rebrousse chemin. C'est que Payraf nous attend.
Le retour est un peu long et surtout on galere a trouver un gue. Cette fois c'est Roberto qui ouvre la voie, cul nu, et il faut 2-3 essais avant de trouver un passage ou l'eau n'arrive qu'a la taille. Enfin, on passe. On retrouve Payraf en grande conversation avec le chef de la yourte. Il se trouve que ce dernier est parent avec le pere de Salambibi ! Ca discute hotels de yourtes 5 etoiles, Payraf a convaincu son auditeur. Ce qu'il faut, dans cette immense plaine, c'est un hotel de luxe avec des yourtes de luxe et aussi un Business Center. Ils n'en demordent plus. On rappelle quand meme a Payraf qu'il se fait tard et qu'on a encore 2h de route.

Nous arrivons a Mourghab, logement en famille. Derniere soiree et echange d'impressions avec notre chauffeur qui nous dit qu'on etait un groupe super et qu'il avait tout de suite vu a quel point on etait cools. Cependant, il ne s'y risquerarait plus, a cause des mauvais chemins et de la sante fragile du radiateur de sa Kia. Je paye ma vodka du coup on se quitte vraiment bon copains, et il nous rappelle de revenir vite pour tester son futur hotel. Sacre Payraf !

Mati

Posté par Aneva_Mati à 09:35 - 08 Tadjikistan - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 août 2007

Comment passer le temps au Tadjikistan

C'est avec un grand sourire que l'agence contractee pour l'obtention du "permis Pamirs" nous a annonce qu'elle ne nous fournirait notre autorisation de circuler que lundi matin, ce qui decalera vraisemblablement notre depart vers cette region a mardi matin.
On peste, on maudit mais on se dit que c'est pas grand chose, 2 jours par rapport a un an. C'est juste qu'on est presse d'aller voir ces fameux Pamirs de plus pres. Notre contractant a soi-disant poireaute tout le samedi pour attendre le gars qui signe ces p***** d'autorisations, lequel ne s'est jamais presente... Une performance administrative de plus.
Du coup aujourd'hui promenade dominicale en compagnie de Miru, une Norvegienne qui parle norvegien (normal), suedois, anglais, allemand (parait que c'est normal la-haut), hollandais, francais (pour le plaisir), arabe (la ca devient enervant), russe (pffffff....) et un "un peu" d'hebreu. Rien que ca.
Journee repos, pas de paperasse. On se prepare pour demain, histoire de voir si on peut trouver des copaings pour faire la route avec nous. Personne n'est interesse, par hasard ? Depart mardi au plus tard.

Mati

Posté par Aneva_Mati à 15:47 - 08 Tadjikistan - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 août 2007

Duchanbe

Retour a la civilisation et a la course aux visas. Pour une fois tout se passe comme sur des roulettes. Le Consul Khirgize nous recoit et en 20 minutes nous remplissons notre demande. L'apres-midi nous passons recuperer notre visa, pour la "modique" somme de 80 dollars par tete de pipe. C'est le prix de la formule express. On peut pas tout avoir, rapidite et demarches bon marche.
Nous devons aussi nous occuper de notre permis de circuler pour la region des Pamirs, un plateau entoure de montagnes qui etait ferme a la circulation pendant longtemps. Aujourd'hui c'est un importante zone de transit du narco-trafic, du coup la frontiere avec le Pakistan et l'Afghanistan est surveillee par les Russcoffs et il faut remplir de la paperasse pour acceder dans ce coin la. Yahooooo... Ce coup-ci on passe par une agence, c'est obligatoire. On attend le precieux sesame dans les prochaines heures et on croise les doigts pour que ca se fasse aujourd'hui samedi car demain tout est evidemment ferme. On fait les courses en prevision des marches a venir pour donner le top depart, on est juste prets a attaquer la route jusqu'a Khorog, 20h de bonheur cahotique en perspective.

Duchanbe est un ville plutot sympa, avec des batiments grandiloquants dans le plus pur style soviet, un peu comme Tashkent mais en plus petit. Et surtout ici il y a de l'ombre ! Des arbres bordent les rues, qui sont vraiment bienvenus. Les kepis rodent tout le long de l'immense avenue centrale. Ca joue du sifflet et ca recoit des petits cadeaux. Comme on dirait en Afrique, ils se font mouiller la barbe. Les batiments ne sont en general pas trop decrepis et le theatre a meme de la gueule.

Les automobilistes briquent leurs voitures. Pas mal de grosses voitures d'ailleurs. Et pas que des 4x4 d'ONG. On voit aussi beaucoup de berlines BMW et Mercedes, petite surprise quand meme. Surtout que les routes sont horribles et poussiereuses en dehors de Duchanbe, je pense que le lustrage de carrosserie est un vrai hobby ici. La voiture semble sacree : notre chauffeur de Khojand a Pendjikent etait alle chercher son 4x4 Lada Niva dernier cri a Moscou (5 jours de route quand meme, ca fait une trotte). Et au point ou la route etait fermee, on a rencontre un gars qui est alle chercher son 4x4 Toyota au Japon ! Ca lui a fait un safari steppe de 12 jours pour ramener sa belle japonaise... Faut quand meme etre mordu.

Comme dans les autres pays d'Asie centrale, la pub est quasi inexistante et ne squatte pas l'espace public comme chez nous. Au debut, ca semble suspect (ces gens ne boivent pas, n'ont pas de telephone mobile...?) mais c'est carrement agreable. Niveau toilettes, y a des petites minettes fardees a l'occidentale avec de la taille bien basse, mais aussi des tuniques multicolores traditionnelles, pour les fillettes comme pour les femmes mures. Le melange est vivant. On se sent bien ici. Ce soir on dine Equatorien : un petit besoin d'exotisme pour sortir des chachliks (brochettes), plovs (ragout avec du riz) et autres salades concombre/tomates.

Apres ce repos nous attaquons 10 a 15 jours de traversee des Pamirs. Pas sur qu'on ait acces internet, donc pas de soucis si on n'ecrit pas. On se retrouve des que possible, peut-etre au Kirghistan ?

D'ici la, continuez bien l'ete !

Mati

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Et puis l'ete c'est aussi un moment propice pour changer ou essayer de nouveaux looks....

A tout bientot

Aneva

Avant avant                                 Apres apres

Posté par Aneva_Mati à 13:11 - 08 Tadjikistan - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Fanski Gori

Le temps passe et notre russe s'ameliore : maintenant on sait dire bonjour, s'il vous plait, l'addition et tout un tas de mots super sympas que les gens font semblant de comprendre. Enfin dans les montagnes ils ne faisaient pas trop semblant, puisqu'ils ne parlent que Tadjik (derive du Farsi iranien) et russe dans le meilleur des cas. Et il fallait bien qu'on puisse expliquer ou on voulait aller...
Arrives a Pendjikent dans un hotel pas bien reluisant, sur le coup des 23h. La douche est salutaire apres 8h de route ou nous avons avale de la peuf par kilos. Malheureusement elle sera glacee. Petite nuit car le gerant vient nous reveiller 3 fois en 1 heure au petit matin. Charlatan...
On trouve un autre refuge puis on court se faire enregistrer a l'OVIR : c'est une administration de la police ou les etrangers doivent se rendre pour se faire enregistrer, c'est-a-dire remplir 2 formulaires, coller une photo et payer 26 dollars, pour recevoir un joli petit tampon sur le passeport. Ca fout les boules, surtout qu'on a deja paye 51 dollars de visa. Mais bon... On risque de se faire tauper a la sortie du pays donc nous nous rendons chez la "Militsia" locale. Grand moment de bonheur et nouvelle plongee dans le total absurde de l'administration. La demarche nous prendra 3h, et encore : heureusement que le type qui s'occupait de l'autorisation se faisait aider par un petit jeune qui baragouinait 3 mots d'anglais. L'argent va directement au fond de sa poche, on n'a pas de recu, bref on se demande pas ou finissent nos dollars. Esperons qu'il aura au moins fait une bonne fiesta avec ca.

Jusque la, cette journee ressemble a un bonne galere, mais nous rencontrons ensuite notre homme providentiel : Abdul Kassim le directeur de l'office du tourisme de Pendjikent, qui nous prend en charge a 100% : internet, change des dollars, infos sur les rando dans la region, demarches pour obtenir le prochain permis de circuler... il nous invite a diner chez lui (le bambin de la photo, c'est le sien, un petit mariole qui nous a fait une sacree demo de danse moderne) et nous emmene le soir meme jusqu'au point de depart de notre rando : Artush (ou il se rendait lui-meme, le hasard fait bien les choses). Notre bon genie de la journee.

Le lendemain on attaque "dres dans le pentu", en pleine nature, un vrai bonheur apres les steppes desertiques d'Ouzbekistan, la chaleur, les villes. On loue un bourricot pour porter nos sacs car nous ne reviendrons pas a notre point de depart ; on doit donc trimballer tout notre bardat. On recolte le muletier en chef du village, Azratcho, qui a tout du parfait margoulin. Il gagnait 40 dollars par mois il y a 10 ans comme prof de physique, avec nous il se fera 40 dollars en 2 jours. Aubaine ou pas, il restera bien pres de ses sous le bonhomme. Il nous aidera aussi pour preparer la bouffe et jouera les papa, ca le rajeunirait presque. Bref... Surtout on grimpe dans des petites vallees avec des successions de mini lacs d'altitude aux reflets turquoise. Nous ressortons notre petite tente d'Argentine. On admire les sommets du coin comme le Chimtarga et le pic Maria, qui oscillent entre 5000m et 6000m. Notre point culminant atteint 3665m, homologue par un Russe croise en haut du col qui avait sorti son GPS. Je laisse les photos parler.  Pleine lune, etoiles. Des neves, des gamins aux joues rouge comme dans les livres, des vieux avec des bonnes barbes blanche et la calotte tadjike.

mati

Apres 3 jours de pleine nature nous redescendons vers Duchanbe. On a la chance de s'incruster dans la Mashrutka de 3 grimpeurs de Mallorca qui se font un trip aventure pendant l'ete, 2 mois avec au programme : ouvrir des nouvelles voies dans les Monts Fan, ou nous les rencontrons ; acheminer des rafts pour une association francaise qui donne (entre autres) dans l'ecotourisme ; remonter en Chine via le Kirghistan pour grimper un sommet a 7500m. Joli. Des bons compagnons de route en tout cas, on espere les recroiser dans la region des Pamirs vers Murghab. Mais avant cela, une petite pause dans la capitale pour preparer la suite des evenements s'impose...

Mati

matshruka  troupeau

bb_de_Abdul_Kassim montagnes2 montagnes ane

Posté par Aneva_Mati à 13:08 - 08 Tadjikistan - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Bienvenue au Tadjikistan

Nous avons passe la frontiere tadjike le 26 juillet sans soucis et pour une fois rapidement. C'est interessant de faire les passages de frontieres par voie terrestre, ca permet de voir quel type de marchandises peut transiter entre 2 pays et puis la facon dont sont faits les chargements....

paille

Apres la frontiere, nous avons d'abord fait une etape a Khojand ou nous avons loge dans un hotel tout miteux qui etait cense etre le meilleur de la ville. La chambre etait tres spacieuce, type F1 mais en piteux etat, avec des coupures d'electricite et d'eau n'importe quand.

Nous avons repris la route le lendemain en direction des montagnes Fans avec cette envie forte de se retrouver en pleine nature loin des villes, loin des chauffeurs de taxis toujours prets a te grignoter quelques dollars de plus. Nous savions que les routes tadjikes etaient reputees pour n'etre pas en tres bon etat mais je ne m'attendais pas a circuler 8h sur des routes remplies de nids de poule dans de la poussiere. Je me suis sentie revivre la route 40 (cf la Patagonie) mais avec des cols de 3400m a passer. Heureusement, nous avions choisi un bon 4x4 pour le trajet. La route etant en renovation, nous alternions entre troncons goudronnes, ancienne route avec plein de trous. C'etait hallucinant. Notre chauffeur etait a fond tout le temps et des qu'il pouvait doubler une lada ou un camion il le faisait meme s'il n'avait pas de visibilite. Apres 3h de route, nous sommes arrives au pied d'un des fameux col a 3400m. Nous avons fait une pause le temps de manger un petit truc, de depoussierer la voiture pour les chauffeurs et puis surtout il fallait attendre l'ouverture de la route car l'acces du col se fait seulement de 18h a 6h car le reste du temps des entreprises chinoises (?) travaillent a la construction d'une nouvelle route et d'un tunnel. A 18h petante, tous les chauffeurs (de voitures, de bus et de camions) avaient le pied sur le champignon prets a se lancer sur la route du col. Chacun voulait avoir la premiere place pour ne pas etre enfume par la poussiere du vehicule qui le precede. On se serait cru a un depart de rally. Nous avons roule encore 5h avant d'atteindre Penjikent dans des paysages et avec des vues magnifiques. Au bord de la route, dans tous les petits bleds traverses, nous voyons des tas de pasteques imposants. Et a cote des tas, un bonhomme qui dort dans un vrai lit pour monter la garde pendant toute la nuit. Sacre job.
Nous approchions petit a petit de notre but et tout cela me faisait oublier la fatigue des nombreuses secousses.

route_du_col              au_col

Aneva

Posté par Aneva_Mati à 11:33 - 08 Tadjikistan - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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