les péripéties d'Aneva & Mati

Toujours en route, bon pied bon oeil, l'errance n'est pas encore finie...

25 juillet 2007

Salut a toi, O Zbekistan

Arrivee Tashkent, evidemment nous rendons visite a notre pote Timur Lang, fringant cavalier comme on le voit ci-dessous. Il a de la gueule, le conquerant genocidaire. Quand je pense qu'une simple pneumonie a eu raison de lui. On est peu de choses.

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Voici le genre de "monument" qu'on croise dans la plus grande ville d'Asie Centrale, melange de style local et de grandeur ex-soviet

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Nous visitons aussi une expo photo dans le centre national de la photo ouzbeke. Une belle collection de photos de vacances entre Berlin, Paris et Amsterdam. Je pense que nous pourrions exposer dans ce centre (oui, meme nous). C'est dire.
Le soir nous retrouvons ENCORE les parigots de service, j'ai nomme les double "A" qu'on ne presente plus. Au programme bon diner (on a mange des steacks et des crepes ! yahoo) et petites binouzes, puis adieux emouvants et larmoyants, avec des petits rires dehorss mais la gorge nouee dedans, comme a la fin d'un bouquin du club des 5 ou du clan des 7. La route en commun se termine la mais on se retrouvera bien dans notre capitale ou au detour d'une piste de ski.

Puis depart pour la vallee de Ferghana, theatre d'emeutes et de petits massacres entre amis (enfin gouvernement contre manifestants) il y a 3-4 ans. En fait nous rencontrons des gens plus sympas que dans les autres villes, super ouverts. Cette vallee est censee etre le centre islamique le plus radical de la region. De ce que nous voyons en 2 jours, pas un extremiste a l'horizon. Quelle deception. Faut dire qu'on est que de passage...
Sinon, ca discute ferme sur les marches. Meme les porte-kepis viennent se payer leur tranche de rigolade avec les touristes que nous sommes en nous assurant de leur "entiere protection". Rassures les gaziers.

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Enfin nous visitons une fabrique traditionnelle de fils de soie. On est vraiment en plein dedans : ci-dessous les cocons marinent dans leur jus et les ouvrieres extraient les fameux fils. Sur l'autre photo c'est l'atelier de tissage. Ils ont aussi des metiers mecaniques, faut pas croire que tout est reste traditionnel ce serait trompeur.

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Ce soir nous mangerons des tortillas espagnoles preparees par un Barcelonais (Kim) avec qui nous avons fait le marche. Demain nous traversons la frontiere pour arriver au Tadjikistan. Prochain message : date inconnue. Ca depend de leur internet, pas forcement rapide.

Voila, ca c'est pour nous. Et vous, comment ca va ? L'ete est beau, l'ete est chaud ? (non, je sais, le temps est pourri mais c'est histoire de discuter c'est tout...)

Mati

Posté par Aneva_Mati à 15:00 - 07 Ouzbekistan - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Samarchande sec

Le coeur de la route de la soie, nous y voila. Hometown d'un certain Amir Timur aka "Timur Lang", aka "Amir le boiteux" aka "Tamerlan" in french dans le texte.
L'ami Timur naquit dans la province de Samarcande et conquit un Empire allant d'Istanbul a New Dehli. Juste avant de mourir il se preparait a envahir la Chine. Veinards les Chinois sur ce coup la. Il aura donc ete un pilleur hors pair, un devastateur colerique et tres peu verse dans le pardon. Tuer, violer, piller : tel etait le credo de ses bonshommes. Avant de massacrer les Boukhariotes et de detruire leur ville sainte de Boukhara, il aurait declare depuis le plus haut minaret de la ville : "Je suis le chatiment divin envoye par Dieu pour reparer vos peches", ce qui ne laisse rien presager de bon pour la suite... Ce fut le coup d'envoi d'un mini-genocide de plus. Et ca montre aussi son caractere spirituel et religieux ; il fit construire des mosquees et des madrasas enormes a Samarcande et dans d'autres villes de son Empire. Il developpa aussi le commerce et Samarcande devint une ville legendaire de la route de la soie. Simple comme bonjour.
L'Histoire peut regarder ce brave Tamerlan au meme niveau que Staline ou Hitler sauf que ses troupes faisaient le boulot a grands coups de sabre ou de fleches, ca fait une legere difference.

Un truc qu'il n'avait peut-etre pas prevu : les marchands sont non seulement entres dans le temple, mais ils s'y sont carrement installes. Je ne sais pas qui les en sortira, en tout cas c'est moyennement agreable de faire le tour d'une cour de madrasa en regardant les faiences et d'etre interpelle tous les 2 metres par des "come into my shop" - "please, only look" et autres avatars du tourisme de masse. Pour comparer il faudrait imaginer des vendeurs de boules a neige ou de tours eiffel miniatures dans Notre-Dame. Qui donc les foutera dehors ?

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Vous noterez que votre serviteur est tres present sur les photos : je voulais juste montrer a quel point je peux avoir une degaine de graine de taliban. Peut-etre qu'on ne me laissera pas rentrer en France ? De son cote, Aneva ne fait pas la greve : simplement depuis que je l'ai forcee a quitter le chador, elle est devenue tres timide et dit qu'on la reverra en gros plan si et seulement si notre lectorat se mobilise (ndlr : je crois que c'est un test, attention).

Apres 4 jours de Samarcande ou nous avons recroises Aline et Antoine, nous partons pour Tashkent (la capitale) ou nous les retrouverons une derniere fois. C'est decide : on se quitte. Sans etre faches bien sur. Gros diner en perspective. Pour changer des brochettes et des soupes de pate.

Mati

Posté par Aneva_Mati à 13:26 - 07 Ouzbekistan - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juillet 2007

Fantastique plongee dans les meandres de l'administration Ouzbeke

Boukhara c'est fini. Les tracas stomacaux aussi. Youpi.

Cap sur Samarcande. Premier dilemne : taxi partage ou bus ? Allez, encore un coup de bus, pas cher et local. On attend donc 1h30 que le car se remplisse puis 20 minutes que le chauffeur se pointe et daigne demarrer (mais ou etait-il, ce bougre, pendant que le bus se remplissait ?). Enfin on roule. Pas d'air conditionne. On pete de chaud. Le car est authentiquement francais : il etait autrefois utilise par l'entreprise "Boudin" de Rennes. En fait de boudin un enorme ouzbeke completement eclate a la vodka et a la biere somnole quelques sieges derriere nous tout en enlacant son voisin de devant, mignon tout plein. Au milieu du voyage de 4h, on croit a la panne. Damned. Il fait trop chaud pour squatter le bas-cote de "l'autoroute". Heureusement on repart 10 min apres l'arret, fausse alerte. A une demi-heure de l'arrivee, c'est le clou du pestacle : une maman fait vomir son petit garcon dans l'escalier du milieu. Un tableau touchant. Nouvelle pause nettoyage, et fin des aventures pour ce petit parcours.

Apres tant d'emotions, nous sommes heureux d'arriver a Samarcande, ou nous retrouvons les parigots Aline et Antoine. Ayant fait quelques emplettes a Boukhara, nous souhaitons envoyer un paquet de 2.6 kg en France. Nous nous dirigeons en confiance vers la poste centrale. A peine nous voit-elle debarquer que la guichetiere hurle "Certificate ?? Certificate ?!?
- Non Madame, mais nous n'avons pas de tapis vous savez
- C'est pas grave, Certificate quand meme
- Et ca se passe ou ?..."

S'en suivent 10 minutes d'explications sur l'administration ou nous devons recuperer le certificat (genre : c'est la - Non la... Attendez - Ca y est, c'est la !"
Nous nous mettons en route, il est 11h. La Poste ferme a 15h. Facile. Etonnamment, nous trouvons le fameux bureau des certificats du premier coup. Une charmante dame nous accueille et nous explique que oui, nous avons besoin d'un certificat pour envoyer nos suzane (tentures murales, genre batiques), bien que ce ne soit pas des antiquites et qu'ils soient "tres moches" (dixit l'experte). Avant de commencer a remplir une paire de formulaires, nous devons joindre 2 photos des objets. Pendant que nos moities jouent les secretaires, nous les hommes a tout faire partons developper les photos prises a la va-vite. Nous terminons le dossier vers 12h35. Nous payons environ 10 euros pour ce fameux certificat. Alors que la valeur du colis est de 60 dollars et qu'on n'a pas encore paye l'affranchissement. Sympa. Surtout que la dame nous explique que ces certificats ne sont reclames que pour les objets qui ne sont pas des antiquites. Absurde et kafkaien. Grandiose administration.
La gentille experte au gout tres sur ("ils sont moches vos suzane", ca reste en travers de la gorge) appelle la Poste pour demander au douanier de service de rester jusqu'a notre arrivee. Il est de service jusqu'a 13h. Il dit que oui, il veut bien rester. Aimable porte-kepi. De notre cote on fait 2 equipes : l'une file au bazar recuperer 2 cartons pendant que l'autre va directement a la Poste, ou nous penetrons a 12h52. Je commence a remplir de nouveaux formulaires, l'autre equipe arrive avec les cartons, tout s'enchaine parfaitement.

Enfin jusqu'a ce que la guichetiere nous avoue que le douanier a deja mis les bouts et que nous devons revenir lundi (nous sommes vendredi). Cris, hurlement, desespoir dans le camp francais. Mines faussement surprises, petits rires et mesquinerie cote ouzbeke. On se bat tous les 4 avec l'energie du desespoir, en bloc. "It's a fucking war", comme dirait Chris le Yankee. L'employee du guichet trouve finalement une astuce unique en nous revelant que le douanier n'inspecte que les paquets "durs" (en carton quoi) et donc qu'il suffit d'emballer notre bordel dans du papier kraft pour plier le business aujourd'hui. Regain d'energie, retour Bazar pour acheter le papier. On fignole les colis, le notre pese 600 g de trop (au-dela de 2kgs il doit etre inspecte par le douanier qui s'est fait la malle). Oblige d'enlever les bouquins. Et de re-ecrire les formulaires d'envoi en 3 exemplaires. Arghhh, je me meurs. Soupirs. Supplications. Larme a l'oeil (inefficace). Grand rire bruyant (inefficace).
Elle finit par emballer notre paquet, l'envoi coute aussi 10 euros et attention, il est cachete a la cire. Pendant tout ce temps et durant les aller-retour vers sa balance la guichetiere balance vanne sur vanne a ses jeunes collegues, qui gloussent allegrement. Je crois que je vais lui vomir sur son comptoir, dans la plus pure tradition ouzbeke (cf. paragraphe sur le bus, plus haut). Mais non, c'est fini on peut partir. Il est 14h45. Nous avons donc mis 4h a envoyer 2 paquets. Epuisement. Vide mental. Dejeuner. Pizza ouzbeke. Beurk.

Dernier effort de la journee, juste pour vous montrer l'etat des administrations : nous voulons changer des dollars en soms, la monnaie du coin. Nous allons au bureau local de la banque nationale (Samarcande etant la 2eme ville du pays). La reponse au guichet est ferme et definitive : "On n'a plus de soums !". Nous ne sommes qu'a moitie surpris, a Noukous on nous avait fait le meme coup. Nous avions passe 2h a chercher une banque pour arriver a changer... 25 dollars, mazette une vraie fortune ! Les gens te disent "Nyet soms" alors qu'on voit des clients faire des depots de liasses par sacs entiers. La encore, faut pas chercher a comprendre.

Conclusions :

  1. L'Euro, ca a du bon
  2. La prochaine fois que vous faites 30 min de queue a la Poste, estimez-vous heureux. Vous pourrez meme vous permettre de sourire a la guichetiere
  3. L'administration, c'est plus fort que toi. Que moi. Que nous. Que vous ?

Promis y aura des photos de Samarcande dans le prochain message.

Mati

Posté par Aneva_Mati à 14:38 - 07 Ouzbekistan - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 juillet 2007

La grande ville Sainte de l'Asie centrale : Boukhara

Ce qui est marrant dans cette partie du voyage (la route de la soie) c'est que nous croisons toujours les memes backpackers dans les differentes villes. En l'ocurrence, nous avons croise et meme fait un petit bout de route avec Antoine et Aline (de France), Chris (des USA) et Sergio (d'Espagne). C'est tres agreable de faire la connaissance de personnes d'autres nationalites, les discussions sont riches et puis surtout......... c'est sympa de boire des coups a plusieurs !

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Quelques petites photos pour vous donner un apercu de cette belle ville vieille de 1000 ans.

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Aneva

Boukhara etait effectivement sympa, bien plus vivant que Khiva. Cote monuments, c'est rempli de mosquees et de madrasas avec des portails en briques enormes, flanques de coupoles turquoises. Il faut aussi ajouter quelques mausolees, pour expliquer le cote "Saint" de la ville.

Mes entrailles m'ayant joue de bien vilains tours, nous sommes meme restes 24h de plus que prevu. C'est aussi ca, le quotidien bassement vulgaire des voyageurs, il faut le savoir... Marco Polo aussi le savait, ca arrive donc aux plus grands et mon honneur est sauf. TacTacTac.

Nous quittons Boukhara pour Samarcande, ou nous retrouverons Aline et Antoine, ces Francais qui nous devancent partout, ils sont enervants ces gens (on ne peut meme pas dire qu'ils nous suivent !)

Mati

PS : si vous aimez les histoires de voyages, ou que vous voulez verifier qu'on ne raconte pas QUE des cracks, vous pouvez visiter le site de nos petits potes les frenchies : http://adesoyres.free.fr

Posté par Aneva_Mati à 13:15 - 07 Ouzbekistan - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 juillet 2007

Khiva

          Je serai assez breve sur ce message car je l'avoue la ville de Khiva ne m'a pas seduite. C'est une jolie ville au niveau architectural, elle a ete tres bien restauree, la lumiere de fin de journee sur les briques fait naitre de jolies couleurs chaudes. Mais cette ville n'a pas de vie, les quelques habitants qui vivent dans l'enceinte de la ville sont ceux qui travaillent avec les touristes, les autres se sont installes dans la partie moderne.


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Murailles de la vieille ville, Minaret Juma, Petite tour en haut d'une porte de Medersa

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Minaret Islom-Huja, haut de 45 metres, du haut belles vues sur la ville et sur le desert de Karakoum         

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Interieur d'une Medersa (college, universite dependant de l'autorite religieuse dans les pays mulsumans)

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2 locaux de Khiva (pour ceux qui ne reconnaitreraient pas Mati, il est a gauche et a droite c'est Chris l'Americain). Ca ferait de superbes perruques pour les soirees 70', n'est ce pas Manu?

Aneva

Posté par Aneva_Mati à 14:23 - 07 Ouzbekistan - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 juillet 2007

La "mer" d'Aral

Apres le totalitarisme "Trukmene" nous filons en Ouzbekistan. Pas de changement radical dans les paysages ni dans l'accueil des gens : ils sont froids et nous voient comme des dollars a patte. Meme les enfants apprennent 2 bouts d'anglais pour pouvoir reclamer des bonbons ou mieux, des sous...
La premiere vraie etape, c'est Noukous, au Sud de l'ex-mer d'Aral.

Vous avez ptet deja vu les reportages de Thalassa sur la mer d'Aral qui se meurt. Les fleuves qui l'alimentent ayant ete en partie detournes en amont pour irriguer les cultures de coton d'Ouzbekistan ou du Turkmenistan, du temps de la grande (et planificatrice) epoque sovietique. Et bien je suis alle faire un petit tour dans le fameux cimetiere de bateaux, qui temoignent du fait que la mer etait bien presente il y a quelques dizaines d'annees. Maintenant il faut faire 140 bornes pour voir la mer. L'endroit ressemble donc a un desert avec des carcasses rouillees de bateaux. Les images parlent d'elles-meme. Je crois qu'avec ces cliches (100% numerique mal cadre) j'aurais pu gagner un certain concours de photo dont le theme de cette annee porte sur l'eau. Qu'en pensez-vous ? J'aurais appele ca "Bateaux sans eau", un sujet bien original et tendance car terriblement developpement durable. Succes garanti.

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Mati

Posté par Aneva_Mati à 09:52 - 07 Ouzbekistan - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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